KYLE STAVER

A la galerie RX au 16, rue des Quatre Fils 75003 Paris /// Jusqu’au 20 septembre 2019 /// Exposition : KYLE STAVER

Une véritable jubilation visuelle se dégage de ses toiles où s’entrechoquent les poses portées autant par la joie que par le burlesque. Ses compositions franches et lumineuses expriment une spontanéité addictive. En effet, la pratique de Kyle Staver (Photo ci-dessous Crédit@GraceRoselli) célèbre autant la rage, l’effroi que la séduction. Le visiteur appréciera, au sein de cette superbe exposition de septembre - en collaboration avec la galerie New Yorkaise Zürcher - l’humour irrésistible qui parcourt cette vingtaine de pièces baptisées “Miss America”, “Sea Monster” ou encore “The Judgement of Paris”. Autant de représentations qui témoignent de l’attachement passionné de l’artiste aux mythologies au sein de compositions monumentales. On aime ces qualités formelles qui structurent l’ensemble de ces oeuvres à la beauté subversive et convulsive. Et qui couronnent avec brio l’évidence du fait pictural !

www.galerierx.com

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LIGHT FROM WITHIN

A la galerie Les Filles du CALVAIRE au 17, rue des Filles-du-Calvaire 75003 Paris /// Du 6 septembre au 19 octobre 2019 /// Exposition : LIGHT FROM WITHIN

“Je vais d’un endroit à l’autre en me déplaçant et en me confrontant au reste du monde. C’est comme ça que je fais mes images. Mais je sais précisément ce que je recherche. Et quand je le vois je m’en saisis ! “ confie-il. Marqué par un réalisme exacerbé, son oeuvre - entre suspension et suggestion - révèle des paysages instables et tourmentés. Séquencée pour former une narration presque cinématographique, elle est nourrie d’une “esthétique de l’atmosphère” où l’étrangeté du quotidien s’appuie sur une base documentaire sensible et puissante. En effet, les photographies de Todd Hido (Photo ci-dessous Crédit@WhittenSabbatini) sont portées par une charge mystérieuse teintée d’une nostalgie romantique. Elles sont gardiennes de micros-émotions “qui viennent dire un million de choses”. Le visiteur appréciera ici ces territoires en mutation où s’exprime une symbolique faite de lumières et d’ombres d’une incroyable beauté. Le Californien esthète révèle ici une lumière introspective avec un art du contre-champs parfaitement maîtrisé. On aime ses paysages intérieurs qui retournent à l’essence de la photographie. Et qui font dire à Todd : “Je pense que j’utilise mon travail pour faire ressortir les choses qui sont peut-être à l’intérieur de moi. C’est la nature cathartique de l’art...”

www.fillesducalvaire.com

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HINKUM LOOBY

A la galerie SULTANA au 10, rue Ramponeau 75020 Paris /// Du 5 septembre au 5 octobre 2019 /// Exposition : HINKUM LOOBY

J’aime quand il y a des accidents. Je ne suis pas experte dans les matériaux que j’utilise. J’aime les imperfections…” explique-t-elle avec humour. Son approche artistique - jouant avec nos fantasmes et nos croyances - mêlent toujours petites et grandes histoires. Au sein de ses installations brouillant délibérément les pistes de lecture sont imprimées les notions de transversalité, de paradigme mais aussi d’anamorphose. En effet, Bettina Samson (Photo ci-dessous Crédit@JulesFaure) aime les interférences nées d’expériences à l’aveuglette qui chahutent les esprits. Au sein de cette exposition immanquable de la rentrée, l’artiste dévoile tout le potentiel narratif de son oeuvre entretenant un rapport ténu avec la science. Le visiteur appréciera ici la dialectique de l’artiste face à des pièces protéiformes nourries d’anecdotes chargées d’utopies mais aussi de découvertes technologiques et de culture populaire. On aime ses sculptures à l’élasticité énigmatique figeant la lumière et marquées par des récits à la croisée des temps et des usages médiatiques. Qui nourrissent des parallèles autour d’expériences plastiques n’ayant parfois d’autres finalités qu’elles-mêmes !

www.galeriesultana.com

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A VOID IN THE CHEOPS

A la galerie RUTTOWSKI;68 au 8, rue Charlot 75003 Paris /// Jusqu’au 24 septembre 2019 /// Exposition : A VOID IN THE CHEOPS

Porté sur la dislocation de la perception au sein de l’espace urbain, son travail célèbre l’immortalité et la permanence des “choses ordinaires” qui fondent l’environnement du quotidien. Son approche conceptuelle fait référence à des trouvailles archéologiques et à leur valeur d’interprétation par nos sociétés contemporaines. Présentées à la façon des sites traditionnels de fouilles, ses oeuvres morcelées - annotées dans leur dos sous la forme d’une datation scientifique - sont comme des instantanés témoins de la radiographie d’une époque. En effet, la démarche de Daniel Weissbach (Photo ci-dessous Crédit@NilsMüller) répond à une extrapolation explorant, une à une, les couches fragmentaires composant l’espace des villes. Le visiteur appréciera cette recherche à valeur quasi testimoniale qui nous invite à imaginer ce à quoi ressemblera l’héritage matériel de notre espèce à l’heure de sa disparition. On aime ces bouts de paysages urbains écrasés et déchiquetés - récoltés le long de la ligne de métro berlinoise U8 - établissant un pont entre le mythe de la pyramide de Khéops et un temps lointain établi dans plusieurs milliers d’années… Autant de pièces porteuses d’une mémoire universelle soigneusement passées au crible d’une bande d’archéologues débarqués d’un futur proche !

www.ruttkowski68.com

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HANDMADE

A la galerie XIPPAS au 61, rue des Bains 1205 Genève - SUISSE /// Du 13 septembre au 2 novembre 2019 /// Exposition : HANDMADE

Une grande partie de ce que je fais en tant qu’artiste est plus en lien avec l’ignorance qu’avec la connaissance. J’ai une immense curiosité pour les choses que je ne connais pas…” confie-t-Il. Dans cette logique, il expérimente ici les supports de la photographie afin de créer des compositions en trois dimensions où les couches de peinture superposées et les ombres portées se dupliquent et s’entremêlent, se confondant avec les images. En effet, Vik Muniz (Photo ci-dessous Crédit@DR) nous plonge dans une immersion au sein d’un univers où les faux-semblants questionnent le rôle de l’image. Au sein de cette exposition de premier ordre, le visiteur appréciera, des oeuvres de “l’illusionniste low tech” issues d’un procédé hybride réunissant des manipulations manuelles voire artisanales : peinture, collage, photographie numérique en haute résolution. En créant une multitude de plans qui laissent apparaître des éléments sous-jacents et leurs photographies, l’artiste invente de véritables trompe-l’oeil où l’objet et sa représentation photographique sont entrelacés dans un jeu visuel. Le visiteur appréciera ici cette vision créant les nouveaux chainons du signifiant. On aime cette nouvelle série s’apparentant à l’abstraction géométrique ou à des tableaux cubistes jouant sur le volume et le décalage. Et qui transcendent - non seulement symboliquement mais aussi littéralement - les deux dimensions de l’image photographique pour renouer avec sa matérialité. Tels les bas-reliefs, ces oeuvres en volume en contiennent une simulation, balançant entre “le vrai” et l’illusion. Entre le réel et son double !

www.xippas.com

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OUR HOUSES

A la galerie TEMPLON au 13A rue Veydt 1060 Bruxelles - Belgique /// Du 5 septembre au 19 octobre 2019 /// Exposition : OUR HOUSES

Au coeur de ses oeuvres implose la couleur et ses compositions graphiques nous plongent - sans aucun avertissement - dans les dédales serpentins de jungles urbaines dont il saisit l’énergie vitale. Sa confrontation intime à l’architecture se manifeste sous forme de riches cartographies mentales où affleure son rapport sensible au monde. En effet, l’exubérance de l’oeuvre de Franz Ackermann (Photo ci-dessous Crédit@CourtesyTemplon) est associée à un langage véloce très personnel interrogeant les phénomènes de mondialisation impactant de manière durable et parfois indélébile l’univers des villes. Le visiteur appréciera ici cette vision fougueuse passionnée qui habite ces imposantes huiles sur toiles dans lesquelles l’artiste nomade fait partager ses aspirations les plus poignantes. Parfois tapageuses et criardes, les vagues de couleurs employées ici dénoncent en creux la frilosité de nos sociétés européennes où se perd progressivement le sens de l’hospitalité et du partage. On aime l’énergie hallucinée du geste de Franz qui place la maison en objet à la fois physique et psychique. Métaphore de l’individu en prise avec ses doutes et ses peurs se matérialisant dans des espaces d’où s’échappe une impression dérangeante de “non-lieux” !

www.templon.com

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DAUGHTERS

Au Château Malromé 33490 Saint-André-du-Bois /// Jusqu’au 29 septembre 2019 /// Exposition : DAUGHTERS

Déposer mon oeuvre dans l’univers où elle a été pensée et produite, fait partie intégrante de mon travail” précise-t-elle. L’éugénisme et la sélection procréative constituent le point névralgique de son art. De la sculpture à l’installation, son travail en interaction avec le monde de la science s’empare avec une troublante humanité d’interrogations bioéthiques préoccupantes. L’approche artistique qu’elle met en oeuvre - s’étendant à la video et à la performance - invite le visiteur à une expérience participative singulière. En effet, Prune Nourry (Photo ci-dessous Crédit@LouisTeran) excelle à perturber les silences. Le spectateur appréciera les pièces à l’hybridité contagieuse de cette exposition nous alertant sur le déficit de femmes en Asie. L’artiste nous rappelle ici qu’en Chine et en Inde - la technique d’imagerie de l’échographie est détournée à des fins de sélection... On aime ces oeuvres percutantes qui ouvrent au coup de poing nos consciences sur les dérives de “l’enfant à la carte”, sur l’immortalité culturelle mais aussi sur les obsessions de Prune qui nous alerte avec ce projet au long cours sur “Le parodoxe entre la société de consommation et la spiritualité” !

www.malrome.com

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MAINSTREAM

A la galerie Michel REIN au 51A Washington Street B-1050 Brussels - Belgique /// Du 5 septembre au 12 octobre 2019 /// Exposition : MAINSTREAM

Sommes-nous vraiment capables de vivre dans un monde frénétique au rythme aussi effréné - dans lequel la maîtrise totale de nos vies est considérée comme une condition absolue - et ressentir dans un même temps ce brin d’ “humanité” caractérisée par nos sensations ? Voici l’une des nombreuses questions cardinales que pose cette artiste vidéaste qui nous projette dans un univers agité par des problématiques d’échelles de production et de consommation à l’ère du “2.0”. Son travail flirtant de près avec la performance et confrontant les codes du théâtre avec ceux du cinéma - met en scène les discours contradictoires qui traversent l’existence. Il interroge notre rapport au temps - à l’état de condensation - en étudiant au peigne fin les mécanismes de la narration. Avec un dispositif très simple - une caméra et un pied - elle convoque le spectateur qui devient à son tour un créateur de fiction. En effet, Ariane Loze (Photo ci-dessous Crédit@Courtesy de l’artiste) observe le monde dans lequel nous vivons en se faisant le “réceptacle” de personnalités aux multiples facettes. Et remettant profondément en cause notre condition d’Hommes et de Femmes. Le visiteur appréciera cette pratique protéiforme dans laquelle la quête de l’identité croise une réflexion caustique sur le corps social et la multiplicité de nos désirs. On aime ces plans et ces séquences faisant parfois penser à des extraits d’un film noir qui nous renvoient - dans une extrême économie de moyens - à cette société hyper-productive spectatrice autiste de rapports de pouvoirs et d’affrontements se déroulant en son sein. Tout en nous faisant sentir que quelque chose d’étrange est en train de se passer… !

www.michelrein.com

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ART MUST HANG

A la galerie Max HETZLER au 57, rue du Temple 75004 Paris /// Du 12 septembre au 31 octobre 2019 /// Exposition : ART MUST HANG

“En Italie, j’ai acquis un savoir-faire, en France j’ai construit une approche critique de la peinture” confiera -t-elle un jour lors d’une interview à bâtons rompus. Croisant “le néoréalisme tragicomique de Pietro Germi, l’hypermanièrisme politisé de Pier Paolo Pasolini et les lumières décadentes de Luchino Visconti” - pour reprendre ses mots - son oeuvre en perpétuelle ramification nous parle toujours et invariablement de l’Histoire et de ses affres en jouant sur les mécanismes de l’image de propagande et l’ubiquité des scénarios psychodramatiques présents dans la culture visuelle de masse. En effet, le travail de Giulia Andreani (Photo ci-dessous Crédit@Jo B.) basé sur la recherche d’archives s’appuie sur un processus visuel de sublimation parvenant à inverser le statut classique du portrait. Le visiteur appréciera à n’en pas douter - dans cette puissante exposition personnelle - cette procession des visages incarnant de multiples temporalités. Car Giulia confronte l’Histoire à la dépendance vis-à-vis de l’image (triée, recomposée et reproduite sur toile) en pointant les lacunes de la mémoire collective. Comme elle l’explique, “ la peinture est la pointe de l’iceberg” de sa démarche accompagnée des éléments d’une classification méticuleuse ayant pour but de redonner à la peinture son statut de “cosa mentale” à une époque où les oeuvres d’art deviennent des formes standardisées et homologuées. On aime cette pratique marquée par le filtre subjectif d’une peinture bleutée et “aquarellée” dans un champ chromatique restreint. Et innervée d’entêtantes images aux nuances de gris faisant écho aux sources photographiques. Corroborant dans un même temps l’intuition de Giulia qui nous assure mordicus que “la peinture aura toujours le dernier mot” !

www.maxhetzler.com

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NILS-UDO

A la galerie Pierre-Alain CHALLIER au 8, rue Debelleyme 75003 Paris /// Du 7 septembre au 16 novembre 2019 /// Exposition : NILS-UDO : NOUVELLES PEINTURES . PHOTOGRAPHIES ORIGINALES . INSTALLATIONS INÉDITES

J’arrive sans idée préconçue et je m’efforce de réagir ensuite à mes rencontres dans la nature” répète-t-il depuis de nombreuses années à qui veut l’entendre. Il interagit sur le paysage sans jamais le violenter. Et ses compositions, aux échelles troublantes, recherchent obstinément l’équilibre parfait. De plus, chacune de ses interventions est étroitement guidée par ce “génie des lieux” au travers duquel il combine amoureusement deux pratiques : la photographie (prise comme un “aboutissant” dans sa construction artistique) et la sculpture. En effet, Nils-Udo (Photo ci-dessous Credit@DR) porte ce regard métaphorique sur le monde qui l’entoure en adoptant un “métalangage” personnel dans lequel s’expriment la fluidité et la ductilité de son oeuvre à portée universelle. Le visiteur appréciera ici cette approche unique - justement baptisée “ l’Art dans la Nature” - réunissant l’Art à la matière vivante. Nimbée de modestie, ses oeuvres à fleur d’eau faites de minutieux ”arrangements” sont immortalisées dans des photographies à l’abstraction presque divinatoire. Peignant pratiquement de mémoire, l’artiste révèle ici l’incendie de sa palette où le pigment naturel relate cette longue réflexion dont l’oeuvre finale est le fruit. On aime ce travail s’apparentant à l’Art Ephémère ou au Land Art dans lequel les intempéries et les dégradations naturelles - véritables forces motrices - accompagnent le processus créatif. En rendant à la nature ce qui appartient à la nature !

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UN CERCLE ET SON CENTRE...

A la galerie JOUSSE ENTREPRISE au 6, rue Saint-Claude 75003 Paris /// Du 7 au 21 septembre 2019 /// Exposition : UN CERCLE ET SON CENTRE EN QUÊTE L’UN DE L’AUTRE

On n’est pas obligé d’évoquer forcément l’être humain pour en parler directement. Beaucoup de choses sont dites souvent au sein de l’espace humain porteur de tant de vestiges dans les paysages …” nous confie t-elle. Une façon, sans doute, de nous éclairer sur ses paysages entrecoupés que l’on ne distingue qu’à travers quelque chose d’autre ou de cette réalité altérée perçue à travers plusieurs strates. Ses évocations d’images composites d’une post-modernité créent une connivence avec le regardeur en donnant une nouvelle nature à la matière et aux matériaux. Les oeuvres d’Eva Nielsen (Photo ci-dessous Crédit@VincentFerrane) font valser les étiquettes en se nourrissant autant de la peinture, de la sérigraphie que de la photographie. Elles maintiennent notre excitation sur le qui-vive en faisant se chevaucher les explications. Le visiteur appréciera ici - dans cette jouissive exposition collective - son travail de mise en relief où la prégnance frontale de l’objet s’apparente à un masque face à un vaste horizon. A la façon d’un système de cache - que l’on retrouve dans sa sérigraphie - l’horizon devient en effet un masque auquel on peut accéder. Les règles que fixent l’artiste sont des moyens de se perdre davantage avec une notion de trompe l’oeil en filigrane qui nous dit que pour Eva la peinture est aussi un jeu de l’esprit. On aime ces phases de désamours qui habitent ses toiles dans une segmentation de l’espace nous évoquant parfois les “New Topographics”. Mais aussi ces blancs violents qui créent ce décrochage né d’un jaillissement inattendu. On perçoit alors les fameux “hiéroglyphes urbains” d’Eva qui nous confirment que la notion de périphérie est commune finalement à tous les territoires. Mais que “cet horizon fabuleux est une chose rare et qu’il mérite, bel et bien, que l’on se lance dans sa quête éperdue”…. Eva venait certainement de nous livrer ici l’un des ses plus grands secrets !

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LES BARRIÈRES DE L'ANTIQUE

A La Verrière au 50, boulevard de Waterloo 1000 Bruxelles - Belgique /// Du 5 septembre au 8 novembre 2019 /// Exposition : LES BARRIÈRES DE L’ANTIQUE

Ses sculptures lacunaires - à forte dimension narrative et témoignant de l’état d’inquiétude des corps dans le monde actuel - cherchent à établir irrémédiablement une connexion affective avec le spectateur. Productions industrielles étranges ou artefacts improbables, ses pièces troublantes s’apparentent à des “objets émotionnels” jouant sur les tensions entre la raison et les désirs ou encore entre la naturalité et l’artificialité. Assujettis à des savoir-faire complexes, ses objets ambigus né d’un travail manuel oscillent entre méthode et instinct. A la fois romanesque et technicienne, son oeuvre - répondant à des jeux de hors cadre - livre ici une relation réflexive à l’artisanat. En effet, le travail de Camille Blatrix ( Photo ci-dessous Crédit@JeanPicon) propose - dans le cadre de ce deuxième volet passionnant du cycle “Matters of Concern” - un retour à la matière. Le visiteur appréciera les tableaux de marqueterie et le symbolisme pictural de cet exercice sensuel investi de préoccupations spirituelles et symboliques, telle une alternative critique aux modes dématérialisés de l’économie dominante. On aime cette vision de cet artiste non conventionnel - inspirée des dispositifs du cinéma et de la publicité - qui ne cesse de questionner l’impact des images stéréotypées sur notre imaginaire et sur nos sentiments. Tout en manifestant des extensions critiques et des “envies d’ailleurs” au sein de récits mi-mécaniques ou mi-organiques irrésolus !

www.fondationdentreprisehermes.org

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PARIS PEINTURE PLUS

A la galerie SLIKA au 25, rue Auguste Comte 69002 Lyon /// Du 13 septembre au 12 octobre 2019 /// Exposition : PARIS PEINTURE PLUS

J’en ai rapidement eu marre de raconter des histoires. Je préférais que ma subjectivité se manifeste dans le geste, dans la manière d’habiter la toile” explique-t-il laconiquement. Avant d’ajouter ces quelques mots supplémentaires : “Mes tableaux sont souvent la superposition d’images que - plutôt de juxtaposer dans des collages - je préfère agglomérer”. Transcendant les registres savants et populaires - ses oeuvres contiennent en elles cette sorte de résistance et cette religiosité porteuse de ce désir transgressif du beau. Les couleurs luxuriantes de ses toiles laissent apparaître une extrême élégance des motifs tout en associant quelques griffures faisant écho à un goût pour le primitif et les transparences. En effet, c’est hors du châssis que Julien des Monstiers (Photo ci-dessous Crédit@SalimSantaLucia) cultive ce goût de la pensée épousant la matière. Le visiteur appréciera, au sein de cette exposition collective, cette technique de transfert qui mêle les sources et les sujets sans hiérarchie. Tout en créant des enchevêtrements formels entre figure et abstraction. Ici le monde chamarré des textures brouille les images dans le monde de la peinture. Et soulève des problématiques autour de la matérialité du tableau et de l’identification du regardeur. On aime cette technique s’apparentant à une décalcomanie née d’une expérimentation d’atelier et explorant la surface. En soulevant la question de la mémoire de la matière : “Je pense que tout porte une trace de l’ensemble auquel il appartient et que si nous nous intéressons au cosmos, c’est parce que nous sommes des poussières d’étoiles”. Des mots mettant en résonance la figure de la survivance avec l’odyssée de la vie !

www.galerie-slika.com

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GIGANTISME - ART&INDUSTRIE

Pôle d’Art Contemporain de Dunkerque : LAAC - Frac Grand Large - Hall AP2 /// Jusqu’au 5 janvier 2020 /// Triennale : GIGANTISME - ART&INDUSTRIE

Le territoire dunkerquois c’est le port et la zone maritime. C’est une rencontre qui nous ramène à quelque chose qui nous est familier : l’eau “ expliquent-ils à l’unisson. Les notions de parcours et de cheminements intègrent les multiples réflexions qui président à la naissance de leurs oeuvres. Et leur vocabulaire artistique s’étend de la production d’objets aux images en passant par des réalisations in situ. A partir de là, l’espace et le contexte viennent tisser les fils conducteurs de leurs interventions. En effet, Nathalie Brevet et Hughes Rochette (Photo ci-dessous Crédit@Associationl’ArtContemporain) travaillent autour des signes glanés lors de leurs déambulations au sein de l’espace urbain. Au sein de cette superbe Triennale - accueillant des centaines de projets XXL hors normes - le tandem exploite les dimensions sculpturales de six containers. Empilés les uns sur les autres - comme s’ils avaient été repêchés ou déposés sur le port - ils se présentent sous la forme d’une installation conçue comme une “anarchitecture”. De l’eau s’évacue du container le plus haut, tombe en impérieuse cascade à l’intérieur de la structure et s’évacue par les portes ouvertes de deux des containers. Sont posées ici les questions des dimensions sensibles et des dimensions sculpturales des containers assemblés et retravaillés. Mais aussi celles de la différence existante entre la sculpture et l’architecture dans l’espace public. On aime l’approche radicale du duo qui nous interroge avec flegme et audace sur le statut et le discours de l’oeuvre in situ. Et qui donne en guise de titre à leur oeuvre ces deux numéros d’identification : 411237 [1] et 411329 [6]…. Comme pour mieux accentuer la tension graphique et l’effet d’élévation de ce fascinant paysage mental !

www.gigantisme.eu

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MEN LIKE GODS

A la Fondation OP ENHEIM Place Solny 4 WROCLAW- Pologne /// Du 4 au 29 septembre au 2019 /// Exposition : MEN LIKE GODS

La mine de Naica au nord du Mexique, les chutes d’Iguazu, le désert d’Atacama ou encore l’île de Yonaguni au Japon... Face à ces monuments ensevelis, ses abysses de failles obscures et ces espaces foulés par nos ancêtres, elle sonde les angles morts du savoir humain. Elle nous immerge dans un état à mi chemin entre l’’apnée perceptive et la cécité cognitive. Son travail exploratoire consiste, dit-elle, à “croiser les forces de la nature et les bouleversements provoqués par l’action des hommes pour réfléchir sur le destin de l’humanité”. L’artiste convoque les spectres de nombreuses catastrophes en dévoilant une image cosmologique extraite de sites où le temps semble s’être enfui ou s’être mis en veille. Les images que ramène Angelika Markul (Photo ci-dessous Crédit@MarcDomage) - de l’Argentine en passant par la Sibérie, et qu’elle met en scène dans ses videos, sculptures et tableaux - nous parle de disparition programmée causée par l’Homme et la force de la Nature. Le visiteur appréciera ici ce voyage vers des profondeurs insondables dans un compte à rebours lancinant marqué par une archéologique spéculative posant la question de fuite du monde allant du secret de sa genèse aux austères mystères de sa fin. Entre abstraction et animalité, son oeuvre traite de cette “mémoire-fossile” s’exprimant à travers les âges. On aime cette oeuvre où les paysages filmés dialoguent avec des tableaux en cire, des sculptures en feutre et cuir. Semblant faire écho à cette phrase d’Angelika, prononcée il y a quelques années déjà : “J’ai conscience que tout peut basculer très vite, que rien n’est jamais acquis”. Des mots qui contiennent cette force imprescriptible venu du manque, de la perte mais également du recommencement.

www.openheim.org

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BRASERO

A La Chapelle de la Madeleine au 19, rue de la Madeleine 13200 Arles /// Du 19 au 22 septembre 2019 /// Exposition : BRASERO

Je veux saisir quelque chose du temps, de la survivance des formes et du magique” lâche l’artiste qui trouble les limites de l’objet sous le prisme de la poésie, de la science-fiction et des mythes. Les matériaux malléables et fluides de ses pièces ont toutes cette capacité en commun à retenir des traces et des “évocations” qu’il aime contrarier par l’utilisation du métal. Le surgissement de l’aléatoire dans un monde régit par la nécessité habite l’oeuvre d’Ellande Jaureguiberry (Photo ci-dessous Crédit@JessieDerogy) dans laquelle affleure une approche archaïque du modelage. Le visiteur appréciera cette signature dans laquelle Ellande libère l’objet de ce qui le conditionne à la fois à l’espace, à un genre et à une pensée. Au sein de cette superbe exposition conduite par Double Séjour, est abordée le thème de la pyronomie - fascination et obsession - sous l’angle du “feu intérieur”. Les catégories se confondent dans une indétermination synonyme de fécondité. On aime cette fascinante fontaine totémique d’Ellande qui se présente comme une résurgence liquide de la chapelle arlésienne accueillante et hébergeante. Venant ici se fondre dans les pores de la céramique aux formes biomorphiques. Et porteuse d’une d’infinité de mondes et de possibles !

www.doublesejour.com

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NOUS SOMMES CONTEMPORAINS

Au Centre d’art contemporain départemental de l’ar(T)senal au 5, place Mésirard 28100 Dreux /// Jusqu’au 1er mars 2020 /// Exposition : NOUS SOMMES CONTEMPORAINS

Quelqu’un m’a dit que le merveilleux était révolu…” Aurait-il dit un jour. L’individu, le genre et la représentation sont au coeur de ses oeuvres. Par le biais de détournements et d’hybridations, il parvient à faire émerger les zones dissimulées et impénétrables des identités. En effet, l’approche plastique transversale de Mehdi-Georges Lahlou (Photo ci-dessous Crédit@IvanPutpourBruzz) questionne comme aucune autre les limites des croyances, des fantasmes et des stéréotypes. Le visiteur est entraîné ici dans les méandres d’une réflexion plurielle où sont battus en brèche les clichés dans une confrontation des clivages culturels. Son rapport au corps et à l’espace s’empare des tabous et des questions de mémoire. Ses objets ou figures ambigües inclassables nous renvoient autant dans le champ de la sculpture que de l’installation en établissant de nouvelles perceptions qui remettent en question les convictions sociétales ainsi que les attributs sociaux avec un sens du burlesque aussi tendre que virulent. On aime les facéties de cet “artiste de l’interstice” - relevant des défis aux allures de catharsis - qui nous montre ce que l’on refuse souvent de voir et qui trimballe nos consciences au coeur d’un détournement des signes des cultures traditionnelles. Pour mieux traiter notamment - avec d’insolentes provocations visuelles - les questions épineuses du genre sexuel dans la spiritualité. Mais en nous invitant aussi à ne jamais dramatiser et à ne pas regarder le monde par le petit bout de la lorgnette !

www.dreux.com

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BÊTES DE SCÈNE

A la Fondation Villa DATRIS - 84800 l’Isle-sur-la-Sorgue /// Jusqu’au 3 novembre 2019 /// Exposition : BÊTES DE SCÈNE

“L’Horizon Des Evénements” - cette limite à partir de laquelle la lumière est absorbée par un trou noir - sera l’un des titres qu’elle donnera à cette sculpture évoquant ces zones singulières du cosmos où l’espace-temps se dilate sous l’effet de forces gravitationnelles colossales. Le nom de son autre pièce renvoie, lui, à l’univers militaire sous Napoléon. En effet, “Conseil de révision” se présente sous la forme de trois toises médicales détournées évoquant un mini tribunal de la nature : “Cette pièce nous remet humblement à notre place avec une sorte de présence sacrée renvoyant au chamanisme. C’est l’animal qui nous coiffe, nous toise et non pas l’inverse”... Face à ces greffes de crânes d’animaux, le visiteur appréciera la démarche d’hybridation de Céline Cléron (Photo ci-dessous Crédit@DR) qui cultive ici une part d’accident et d’indéfini en permettant à l’Homme de se mesurer face à la Nature dans des analogies reposant sur des rapprochements métaphoriques, chronologiques et symboliques. A l’image de sa sculpture “La Régente” qui est le fruit d’une collaboration avec une colonie d’abeilles et qui aurait du être une performance au départ. On aime cette réflexion de Céline construite sur un temps suspendu et lui faisant dire : “Travailler avec le vivant induit une mise à distance par rapport à sa propre pratique. Cela permet aussi d’être la première spectatrice de ce qui va se produire...” Des mots qui viennent célébrer dans une même réthorique cette fascinante beauté animale inscrite dans le grand cycle de la vie !

www.villadatris.com

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TRANS.MUTATIONS(S)

A la galerie Valérie DELAUNAY au 22, rue du Cloître Saint-Merri 75004 Paris /// Du 12 septembre au 26 octobre 2019 /// Exposition : TRANS.MUTATIONS(S)

Largement imprégnées de spiritualité soufie et mettant en oeuvres des techniques visuelles non conventionnelles (glitch, ciné-process…) ses réalisations plastiques développent de vastes possibilités de réflexion et de création. Si bien que les volets cinématographiques et photographiques habitent régulièrement son oeuvre pluridisciplinaire. En effet le travail de Haythem Zakaria (Photo ci-dessous Crédit@NicolasCharbonnier) révèle une temporalité étirée portée par des souffles et des silences que l’on retrouve notamment dans sa recherche antérieure sur la différence culturelle autour de la notion de paysage en Occident et en Chine. Ici, l’artiste présente un ensemble de travaux - dont la sublime série de dessins “Poétique de l’Ether II” au feutre pigmentaire et transfert encre sur papier coton - prenant pour matière des textes sacrés qu’il transforme, transcode d’après un ensemble de règles défini en amont de leur réalisation. Le visiteur appréciera cette mécanique de production de l’artiste se faisant interprète et suspendant les questions de la signification pour se frayer un passage vers la réception, l’entente d’un “milieu parlant continu”. On aime les dynamiques d’enchainements et de répétition qui organisent les compositions de ces oeuvres auréolées d’un zeste performatif. Et reliant autour de la figure du Carré Magique le monde des signes à celui des corps !

www.valeriedelaunay.com

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CRISTAL PARADISE

A Paradise - Centre de Recherche et d'Expérimentations en Art Contemporain - au 6, rue de Sanlecque 44000 Nantes /// Du 20 septembre au 20 octobre 2019 /// Exposition : CRISTAL PARADISE

La manière dont se construit une narration, via ses ressorts d’écriture, est chez moi aussi importante que son scénario et son médium” explique-il. Son travail, structuré par le récit - se jouant des styles et des registres - livre une vision critique et amusée des concepts et des écoles de pensées. En effet, Hoël Duret (Photo ci-dessous Crédit@DR) raconte des “histoires” écrites comme des scénarios de films découpés en chapitres. Le visiteur appréciera ce vocabulaire convoquant des références au cinéma, à la danse et à la peinture dans une vision enjouée tissant les différents points du récit. Au croisement des différentes pratiques artistiques, les pièces de Hoël - réunissant ici deux sculptures issues de la série Sick Pipes - font appel à des récits fictifs se matérialisant dans une pluralité de supports allant des arts visuels aux arts vivants. On aime cette folie douce nous faisant revenir sur les aventures du personnage de Harvey au sein de cette exposition collective qui puise son ADN autant dans le champs de la performance, des utopies modernistes que d’un cinéma post-apocalyptique. Et où la représentation du geste artistique s’exprime entre une ironie maîtrisée et une grande précision formelle !

www.galerie-paradise.fr

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