LIVING CUBE 3

Sur rendez-vous uniquement avec Regard B à Orléans /// Du 26 octobre au 10 novembre 2019 /// Exposition : LIVING CUBE 3ÈME ÉDITION /// Une proposition d’Élodie Bernard /// Commissaire invité : Léo Marin

Mon travail de sculpteur repose sur l’emploi de machines mécaniques, électriques ou électroniques qui sont en activation et sur des éléments qui circulent dans les pièces et renvoient à des images mentales” explique-t-il. Se réappropriant avec poésie son quotidien et sa culture “néo rurale” - en les déplaçant dans le champ de l’art - il crée un contraste entre système naturel et système artificiel. En effet, Guilhem Roubichou (Photo ci-dessous Crédit@DR) joue avec la “technologie-gadget” qui se démocratise en la détourant avec clin d’oeil de la fonction première. Le visiteur appréciera ici - au sein d’une riche sélection de pièces - ses toiles profondes à la technique mixte et ses dispositifs issus d’accidents heureux” portant un regard critique sur l’absurdité des choses. L’artiste connu pour faire chauffer de la terre d’Ariège, fondre un sorbet de sapin ou transformer des straps de rugby en constellation n’hésite pas à mettre l’accent sur l’humour et le caractère drolatique de l’art contemporain. On aime cette approche qui se penche sur les transformations qui s’opèrent dans nos sociétés d’aujourd’hui. Et détourant les machines de leur fonction utilitaire !

www.regardb.com

IMG_20190412_102423.jpg

ART IN RESONANCE

A Hôtel Péninsula Paris au 19, avenue Kleber 75016 Paris /// Jusqu’au 15 novembre 2019 /// Exposition : ART IN RESONANCE

L’art conceptuel se préoccupe seulement des idées, or mon travail implique des matériaux et des idées...” Dénonçant les désastres de la guerre, la violence, l’intimidation et la désinformation, son oeuvre aborde des sujets se portant sur les questions du pouvoir et du double sens. Ses sculptures électriques et ses installations lumineuses combinent - sur le mode du trompe l’oeil et des jeux d’optiques - abstraction et idées figuratives. Et interrogent comment une oeuvre peut être comprise de différentes façons. En effet, le chilien Iván Navarro (Photo ci-dessous Crédit@DR) montre “le coté sombre du spectacle” en confrontant souvent des références modernistes. Le visiteur appréciera dans cette réunion de pièces saisissantes l’approche artistique de cet artiste - qui se revendique non-minimaliste - jouant avec les contradictions visuelles et conceptuelles. On aime cette réflexion conduite autour de la notion d’infini qui selon les mots d’Ivan “participe d’une idéologie politique à laquelle le capitalisme veut nous faire croire : l’illusion sans fin d’un progrès qui nous maintient en vie…

www.peninsula.com

Iván Navarro next to his art installation HOME.jpg

FILAM(A)NT

A la fondation BLACHÈRE au 384, avenue des Argiles - ZI Les Bourguignons 84400 Apt /// Jusqu’au 17 novembre 2019 /// Exposition : FILAM(A)NT

Il explore au coeur de son processus créatif l’homosexualité dans la culture ultra-masculine du Swaziland. L’homosexualité étant illégale, les “gays” doivent constamment cacher leur sexualité et abandonner leur véritable identité. Kyle Meyer (Photo ci-dessous Crédit@JérémiePitot) a rencontré dans cette province d’Afrique du Sud plusieurs d’entre eux. Ils se sont confiés et lui ont raconté leurs histoires personnelles. Chacun a choisi un morceau de tissu avec lequel l’artiste a confectionné une coiffe. Avec cette insupportable évidence leur rappelant qu’il serait interdit de porter ces couvre-têtes en public car cela indiquerait leur orientation sexuelle. Le visiteur appréciera ici - au coeur de ce collective show engagé - cette pièce unique textile leur permettant d’exprimer leur individualité. Dans cette recherche expérimentale, Kyle poursuit en parallèle une analyse sur les communautés LGBT auprès desquelles il s’identifie. Sa pratique artistique sur la série ””Interwoven” lui permet de remettre en question la puissance de la photographie numérique en embrassant les qualités haptiques de l’artisanat. On aime ces oeuvres où l’artiste déchiquette les portraits imprimés, puis les tisse avec le tissu préalablement choisi. Le regard de chaque homme est directement tourné vers le spectateur. Comme s’il demandait de l’attention !

www.fondationblachere.org

Fdt-Blachere-Kyle_Meyer-31.jpg

L'INTIMITÉ DE LA MATIÈRE

A la galerie Bertrand GRIMONT au 42-44 rue de Montmorency 75003 Paris /// Jusqu’au 26 octobre 2019 /// Exposition : GRÉGORY DERENNE, OU L’INTIMITÉ DE LA MATIÈRE

Sa recherche insatiable conduite depuis ces dernières années sur la nature de la lumière habite ses oeuvres sondant invariablement l’intimité de la matière. Procédant par négatif, sa peinture - construire comme un roman postmoderne sous forme de chroniques de vies ordinaires - emprunte délibérément au registre photographique. Des paysages urbains en passant par les cathédrales et les plateaux de tournages, les scènes dont s’empare l’artiste cultivent une part d’étrangeté et de mystère questionnant avec brio l’avènement du réel. En effet, la pratique artistique disciplinée de Grégory Derenne (Photo ci-dessous Crédit@DR) est tournée vers les confins de l’inconscient et nous parle autant de faux-semblants que de lignes de fuite saisissantes. Le visiteur appréciera ici ces compositions singulières brouillant les repères du monde tangible et regardant ce dernier à travers les champs du cinéma ou du théâtre. Ici la lumière en sous-exposition - sur toile de coton noir - provient de cadrages volontairement flous et de décors parfaitement exécutés. On aime passionnément ces atmosphères poignantes faites de pénombres mates, où les vitrines sont comme la métaphore des environnements éphémères qui préoccupent le destin de l’homme moderne.

www.bertrandgrimont.com

PortraitHD.jpg

ÉCHOES II

A la galerie Odile OUIZEMAN au 10/12 rue des coutures St Gervais 75003 Paris /// Jusqu’au 24 octobre 2019 /// Exposition : ÉCHOES II

J’aime cette idée qu’à un moment donné j’ai généré un geste qui va perdurer…” explique-telle. Elle confronte les surfaces sur la toile en cherchant ce point de friction faisant cohabiter deux opposés et tente de les accorder sur un même plan. Son travail de touches autour du flou, de l’étirement et du dégradé réunit les deux “notions” de la vidéo et la photographie. Ces dernières se croisent sur un principe d’inversement à partir d’un médium qu’elle construit elle-même sans contredire la chronologie des strates. En effet, Coraline de Chiara (Photo ci-dessous Crédit@DR) coupe ses tableaux en deux sous une scission très franche formant deux camps qui entrent en friction dans une logique d’effleurement. Une “vibrance” va alors se créer entre ces deux surfaces. Le visiteur appréciera ici ces éléments illusionnistes d’un volume, d’une profondeur avec des éléments parasites d’un calque en trompe l’oeil. Ici la cire vient assourdir parfois une image bruyante dans un recouvrement “éteint” en rappelant que l’image n’est pas tout de suite une évidence de lecture. Coraline accompagne le propos ainsi : “Je trouve que la peinture a réveillé des guerres de genres de styles de mouvements qui m’intéressent peu. Bien au contraire, je préfère mélanger un élément pouvant s’apparenter à de la peinture classique avec un élément d’ Op Art… En me demandant ce que ça veut dire de faire cohabiter les deux de nos jours “. Et si un domaine permet cette réfléxion là, c’est bien l’art…

www.galerieouizeman.com

portraitatelierHD.jpg

"CURING"

A la galerie SANS TITRE (2016) au 33, rue du Faubourg Saint-Martin 75010 Paris /// Du 27 septembre au 9 novembre 2019 /// Exposition : “CURING”

On se souvient de cette réjouissante exposition “The Clean Carcass of the Host” à Condo Mexico dans laquelle elle avait révélé notamment ces pièces à l’aura si saisissante : “Shiver Vibrates my Frame”, “Uncoupling” et “To the Limits of its Meaning (for Lindsey). Autant de projets en volume et à la dimension morale qui avaient marqué les esprits par leur puissance organique et leur dimension démiurgique. En effet, ces sculptures - qui entretiennent un rapport si particulier à l’espace - nous dévoilent le geste incisif et personnel de Paloma Proudfoot (Photo ci-dessous Crédit@DR) triturant la chair de la terre. Cette dernière parvient à tresser des artères et des branches dans le noir de la faïence dans une pratique aussi subtile que physique. Le visiteur appréciera ici ces présences déroutantes dotées d’une âme faite de vice et de vertu incarnée par exemple dans “Houdlum” qui était animée par des excroissances fertiles. Il repensera certainement à “Cherry” aussi en étant parcouru d’un sentiment de perplexité et de joie. Car face à cet heureux pourrissement des lignes et des textures, le regard galope vers des territoires à l’atmosphère clinique. On aime cette beauté venue de l’argile - résultant d’accidents imprévisibles - repoussant à bout les limites de la cuisson. Et transformant admirablement le vocabulaire technique de la céramique !

www.sanstitre2016.com

IMG_7835.JPG

ÉQUINOXES 3

A la Maison Camille Fournet Paris au 5, rue Cambon 75001 Paris /// Jusqu’au 10 juin 2020 /// Exposition. : ÉQUINOXES 3 OU L’ART DES RENCONTRES

Il y a dans cette phrase un avant et un après. Cette table est à présent projetée dans l’avenir, avec une autre histoire, une nouvelle vie…” explique-t-il. Derrières ses oeuvres, on retrouve toujours cette main qui crée et qui exécute. Ses créations possèdent le charme ambigu de ce qui échappe à la définition, dépassant à chaque tentative de qualification de leur statut, le cadre trop étroit dans lequel on voudrait les inscrire. N’enfermant jamais la représentation dans l’image, son travail interroge ce que pourrait être un art politique. La phrase symbole “Comment te dire adieu” qu’il livre ici au sein ce beau programme de mécénat se présente comme une incitation à réinventer le patrimoine de demain. Gravée à même le plateau de la table, elle est tout à la fois un geste d’amour, de respect, de réflexion et d’interrogation. En effet, Renaud Auguste-Dormeuil (Photo ci-dessous Crédit@DR) convoque le passé, la mémoire et le savoir-faire dans une pièce où la transformation joue un rôle majeur. Le visiteur appréciera ici les oeuvres à tiroirs de l’artiste maniant avec soin les rapports complexes entre texte et image, entre histoire singulière et histoire collective. Prenant un tour métaphorique et performatif, son processus artistique est tourné vers le dévoilement des structures invisibles qui informent notre relation à un réel toujours médiatisé. On aime ce questionnement sans relâche de la fabrique des images envisagé dans un espace politique où se croisent les oppositions visibilité/invisibilité ou mémoire/oubli. En évoquant dans une ambivalence subtile ce mélange d’intranquillité dévoilant sans montrer et disant sans narrer.

www.camillefournet.com

Capture d’écran 2019-09-26 à 09.17.35.png

GAÏA, QUE DEVIENS-TU ?

A la Maison GUERLAIN au 68, avenue des Champs-Élysées 75008 Paris /// Du 17 octobre au 8 novembre 2019 /// Exposition : GAÏA, QUE DEVIENS-TU ?

Ma voix et mon corps sont le véhicule de mes idées” explique t-elle régulièrement. Son oeuvre pluridisciplinaire, échappant aux étiquettes, interroge de façon plurielle la notion de territoire et la valeur accordée aux ressources naturelles. Du dessin, à la performance en passant par l’installation, la sculpture et la photographie, sa démarche artistique est intimement rattachée aux thèmes du paysage et de l’architecture. En effet la Nigériane Otobong Nkanga (Photo ci-dessous Crédit@OtobongNkanga) nous parle de ces “traces humaines” attestant de modes de vie et de problématiques environnementales. Dans son approche performative - dans laquelle l’artiste devient la protagoniste de son propre travail - sa présence est paradoxalement le catalyseur de sa propre disparition. Le visiteur appréciera ici - dans cette réjouissante exposition collective d’une vingtaine d’artistes - cette “main invisible” qui met en mouvement le processus artistique en parlant de la nécessité de reconsidérer notre rapport au monde. Ici est négocié l’accomplissement du cycle de l’art entre le domaine esthétique de la monstration et une stratégie de sublimation qui pousse le statut d’oeuvre vers sa contingence. On aime cette façon de l’artiste de réfléchir de manière métonymique - autour de la question d’un monde durable - les différents usages et valeurs culturelles connectés aux ressources naturelles. Explorant ainsi comment sens et fonction sont relatifs au sein des cultures. Et relevant les différents rôles et histoires de ces matières tout particulièrement dans le contexte de sa propre vie et des souvenirs !

www.guerlain.fr

Otobong Nkanga Alterscapes Playground A, 2005-2015 ©Otobong Nkanga.jpg

ON THE CORNER AGAIN

Vienna Contemporary Art Fair - Booth B14 de la galerie Gianni Manhatan - à Marx Halle, Austria Karl-Farkas- Gasse19 1030 Vienne - AUTRICHE /// Du 26 au 29 septembre 2019 /// Exposition : ON THE CORNER AGAIN

Je ne cherche pas à avoir un impact sociologique ou philosophique ni même à assumer intellectuellement ce que je fais, je préfère me concentrer sur la production de mes pièces…” nous livrera-t-il en arpentant son grand atelier parisien à quelques encablures du métro Télégraphe. Ses oeuvres chargées de violence et d’innocence dévoilent un potentiel de résistance dans une émancipation des codes de la production artistique actuelle. Evoluant dans un cadre cognitif et théorique, son approche plastique joue sur les échelles et les peurs fondamentales. Ses objets composites low-tech convoquent des âges reculés en tentant de se prémunir des alternatives recourant à la toute puissance de la raison. En effet, Matthieu Haberard (Photo ci-dessous Crédit@RomainDarnaud) cultive un art du contrepied et un attachement au fait main tentant de s’absoudre des esthétiques aux discours linéaires et aux critères répondant à une logique de marché. Le visiteur appréciera ici ce processus de décélération dans une imagerie relevant autant du manège horrifique, du conte que du masque. On aime - au coeur de cette foire internationale de premier ordre - cette hybridation de formes faite de petits théâtres de bois, d’armures en latex et d’épées en mousse jamais belliqueuses. Nous faisant penser à cette phrase de Matthieu au sortir de l’atelier : “Se conformer à être dans une esthétique du moment ne m’intéresse pas…”. Alea jacta est !

www.viennacontemporary.at

Matthieu Haberard  (crédit photo romain darnaud).jpg

ARTAGON LIVE

A la Cité internationale des arts - Site de Montmartre Villa Radet , 15 rue de l’Abreuvoir 75018 Paris /// Du 4 au 20 octobre 2019 /// Exposition : ARTAGON LIVE /// Commissaires : Anna Labouze & Keimis Henni

J’ai tenté de saisir l’impact qu’ont les structures sociales organisées sur le net sur la vision et la représentation du corps” expliquera-t-il en 2017 lors de la soutenance de son mémoire de recherche. Son univers artistique empli de données semble porté par la quête d’une dystopie dans laquelle les oeuvres se logent dans des entités corporelles aussi suggestives qu’insaisissables. Au coeur de son approche plastique, se nichent les questions de la déshérence, des civilisations déchues mais aussi de nouvelles technologies à l’oeuvre. Ses installations interrogent, sous le mode de l’artefact, le rapport mimétique entre le corps humain et les machines avec une acuité saisissante. En effet, Hugo Servanin (Photo ci-dessous Crédit@DR) manipule les composants électriques dans une gestuelle nous parlant de ces êtres artificiels qu’il a baptisés il y a déjà quelques années ses “Géants”. L’artiste fait cohabiter la porcelaine, le plâtre, la cire et le data dans une logique - croisant le matériel et l’éthéré - et où l’interaction déploie tout son sens. Le visiteur appréciera ici, dans ce superbe group show, ses “architectures corporelles” comme l’installation “Foule Média#1” générant ses propres images érotiques à partir de milliers d’images pornographiques recueillies et agglomérées par une intelligence artificielle. On aime, cette vision jouant sur une analogie avec l’enveloppe charnelle humaine à partir de fluides, d’un simple moniteur et d’une cuve à vapeur où naissent des scénarios questionnant le corps social. Pour mieux contribuer à discréditer définitivement le monde de la réalité !

www.artagon.com

IMG_8435.JPG

LÁ OÙ LES EAUX SE MÊLENT

Aux Usines FAGOR au 65, rue Challemel Lacour 69007 Lyon /// Jusqu’au 15 janvier 2020 /// Exposition : LÀ OÙ LES EAUX SE MÊLENT

Travailler avec la fiction pour parler du réel, c’est se donner la liberté de se réinventer une histoire” précise-t-il. Douées d’une profonde poésie, ses oeuvres développent des étirements rythmiques et trouvent leur ancrage dans une réalité à la fois stable et mouvante. Sa démarche artistique envisage de nouveaux potentiels aux intentions spirituelles et contemplatives. En effet, le processus créatif que met en place Stéphane Thidet (Photo ci-dessous Crédit@GuyBoyer) se dote d’une puissance pondérable et tellurique qui sidère le regard. Le visiteur appréciera ici cette capacité de l’artiste à déplacer l’objet de sa fonction initiale en entrainant l’imaginaire dans des régions refoulées. Stéphane importe ici en indoor une portion de paysage qui convoque l’univers du motocross. La pièce grandeur nature dessine un horizon immaculé en offrant une sensation incongrue de déjà-vu. On aime - au coeur de cette 15ème Biennale de Lyon - ces courts-circuits visuels cherchant “l’impact” face à cette surprenante topographie accidentée. S’inscrivant dans une fiction exutoire où l’esprit vient à s’échapper dans des territoires vierges insoupçonnés !

www.biennaledelyon.com

Le Silence d'une Dune, 2019.jpeg

FUTURES OF LOVES

Aux Magasins GÉNÉRAUX au 1, rue de l’Ancien Canal 93500 Pantin - Grand Paris /// Jusqu’au 20 octobre 2019 /// exposition : FUTURES OF LOVE

Si l’eau enregistre les composants d’un médicament et est capable de retranscrire ses bienfaits dans le corps humain comme lorsque l’on teste des virus ou des remèdes, pourquoi ne pas essayer avec des psychotropes ? “ s’interroge-t-il. Ses oeuvres font références à la théorie controversée de la mémoire de l’eau, nous parlent de l’effet placebo, du Darknet mais aussi d’expériences interdites. Au coeur de ses travaux autour de la définition de l’amour, on retrouve un protocole scientifique en laboratoire détourné dans une version poétique où s’entrechoquent des molécules comme l’ocytonine ou la phényléthylamine. En effet, les installations et les videos de Pierre Pauze (Photo ci-dessous Crédit@DR) se présentent comme une exploration métaphysique sur l’amour via des transferts moléculaires où opèrent les “drogues de l’amour” dans une logique d’observation scrupuleuse. Le visiteur appréciera ici cette démarche tournée vers un futur dystopique - entre science et croyance - s’appuyant sur une recherche auprès de scientifiques de haut vol. On aime cette video proche de la culture cinématographique - au sein d’une quarantaine d’autres projets à l’essence prospective passionnants - tournée vers l’intelligence des formes et mobilisant autant les niveaux d’écritures des jeux videos que de l’ethnographie ou des récits mystiques. Dans un kaléidoscope conceptuel abordant la synthétisation du sentiment amoureux et la sexualité libérée des cadres sociaux dominants !

www.magasinsgeneraux.com

IMG_4373.JPG

LES ZIPPETTES

Au 19 CRAC - Centre d’Art Contemporain de Montbéliard au 19, avenue des Alliés 25200 Montébeliard /// Jusqu’au 15 janvier 2020 /// Exposition : LES ZIPPETTES

En travaillant des matériaux comme le plastique, j’ai l’impression parfois de faire des fossiles pour le futur” explique -t-elle avec un humour non dissimulé. Privilégiant des matériaux précaires et les polymères tournés vers “le caractère toxique de l’invisible”, son oeuvre illustre les différentes temporalités de la construction artistique. L’artiste développe un art corrosif du recyclage qui met à l’épreuve l’intégrité et la durabilité des matériaux aptes à donner vie à des “sculptures d’anticipation”. En effet, la démarche artistique d’Anita Molinéro (Photo ci-dessous Crédit@DR) place le rebus domestique dans une posture d’exubérance nous révélant une temporalité post-nucléaire dans des pièces en plastique sculpté, lacéré et brûlé. Le visiteur appréciera ici cette affection totale de l’artiste pour cette matière infiniment transformable qu’il étire, déforme et fond dans une logique interrogeant l’objet dans un futur apocalyptique. On aime ces pièces - portées par le répertoire enfiévré de la science fiction - à l’énergie du geste irréversible transformant la matérialité vers une orientation où elle ne veut pas toujours aller. Tels des “êtres esquintés” d’un monde radioactif, ses sculptures-fantômes répondent au principe chaotique de la déconstruction. Aussi révolté que maîtrisé: “J’arrête avant l’informe et parfois la pièce est terminée avant d’être commencée. La sculpture doit rester forme et ne pas aller dans l’informe…” confie Anita après un long silence.

www.le19crac.com

20190826_130228.JPG

AN AUTUMN PANTOMINE

A la galerie Joseph TANG au 1, rue Charles-François Dupuis 75003 Paris /// Du 3 octobre au 8 novembre 2019 /// Exposition : AN AUTUMN PANTOMINE

Son oeuvre - alliant films d’animation 3D, littérature, cinéma et performance - se déploie autour des notions de contes architecturaux, de cosmologies personnelles et d’espaces parallèles. Brouillant la distinction entre le réel et le virtuel, ses travaux définissent une toile de fond fictionnelle construite sur différents degrés de lecture et de compréhension. L’artiste aborde dernièrement les concepts de transparence et d’architecture corporelle en associant les objets pris comme des “moteurs d’action”. En effet, la démarche artistique de Julie Béna (Photo ci-dessous Crédit@DR) se présente un peu comme une sorte de théâtre à coeur ouvert fait de masques interchangeables et d’enchaînements narratifs au travers desquels les questions existentielles sont laissées volontairement sans réponse. Le visiteur appréciera ici, au sein de ce grand Group show de cette exposition parisienne - l’univers troublant de Julie où des protagonistes imaginaires voyagent librement d’une scène à l’autre en explorant le moment initiatique de la transition. Dans ce monde de glissements et de déplacements, des tables se transforment progressivement en building pour ensuite devenir des “landscapes”. On aime ce hasard imperceptible qui règne au coeur de ces oeuvres nourries de références cryptées en se développant selon un itinéraire nous faisant sauter d’un palier à l’autre. Et révélant un monde soumis autant à un déterminisme fonctionnel qu’au régime oppressant de la surveillance !


www.galeriejosephtang.com

05bf2ca1-d8dd-4941-a026-dd402983b136.JPG

TUMULTE À HIGIENÓPOLIS

A Lafayette Anticipations - Fondation d’entreprise Galeries Lafayette au 9, rue du Plâtre 75004 Paris /// Du 9 octobre 2019 au 5 janvier 2020 /// Exposition : KATINKA BOCK - TUMULTE À HIGIENÓPOLIS

J’essaie toujours d’écouter mes sculptures. Chaque matière à des limites et des qualités, et ce sont vraiment des partenaires. Chaque matière ramène à des notions d’espace ou à des qualités imaginaires. J’ai une fidélité à certaines matières que j’aime vraiment beaucoup, mais j’en découvre d’autres également…” explique-t-elle. Et d’ajouter, quant à sa manière de travailler : “Je travaille beaucoup seule, et le poids et les dimensions que j’utilise sont un peu en relation avec ce que je peux lever ou tourner…” A la fois dangereuses et tranquilles, ses oeuvres en cuir, bois, céramique, cuivre verdi et argile réunissant des sculptures - mais aussi des actions performatives, de la video, de la chorégraphie et des installations - sont le fruit d’une recherche minutieuse sur les textures, les matériaux et les techniques d’impression. Elles sont également le résultat d’une expérience liée à un espace spécifique dont elles auraient sondé les conditions physiques et matérielles tout en explorant leur dimension historique et sociale. Le visiteur appréciera ici l’intérêt de Katinka Bock (Photo ci-dessous Crédit@DR) pour cette poétique de la mesure et de la persistance du lieu dans le temps. On aime cette sculpture monumental, suspendue dans la tour d’exposition qui a été intitulée “Rauschen”. Et qui est porteuse des stigmates d’un temps trouble et boulversé. Sa forme, épousant les lignes d’un objet fantôme, nous révèle les griffures de générations d’oiseaux, des impacts de grêle mais aussi l’image d’un fruit fendu. Pensée en acte du fait politique - ayant l’humain pour point de départ - et envisageant les possibilités de relier le particulier au commun, dans une logique parfois sisyphéenne la pratique artistique de Katinka nous parle de communautés, de relations analogiques au langage, de formes qui préexistent et d’un partage du “sensible” plus ou moins maîtrisable : ”J’aime bien quand on mélange les cartes, quand on ne sait pas très bien dans quelle temporalité on se trouve. Parfois, je place le moment de production dans l’exposition…” nous livrera-t-elle.

www.lafayetteanticipations.com

_S3F5702_HD - copie.jpg

TEXTURE

A MANIFESTA-LYON au 1, rue Pizay 69001 Lyon /// Jusqu’au 31 octobre 2019 /// Exposition : TEXTURE

L”oeuvre nait de diverses manipulations qui me conduisent au résultat final. Quand je monte une installation, je n’imagine pas sa finalité. Je connais les éléments qui la composent mais c’est dans l’instant où je les mets en place que je redécouvre quelque chose. Et c’est là que l’oeuvre prend son sens…” explique t-il. Réalisées à partir de textile, de papier, de bois, de minéraux ou d’objets inattendus, les créations de Joël Andrianomearisoa (Photo ci-dessous Crédit@DR) enveloppe le visiteur d’un esprit lumineux dans lequel jaillit une “émotion esthétique” sensible et fragile. Présente sous forme écrite ou sonore, la littérature habite profondément ses oeuvres - dont ses superbes “sculptures plan” - où s’exprime une géométrie du plaisir. Sollicitant de nombreux supports, elles sont marquées par un rapport au verbe et au corps où se mêlent l’encre, des labyrinthes faits de papier de soie, des contes populaires et la nuit. Le visiteur appréciera ici cette démarche que l’artiste associe à “cette justesse de pouvoir coudre et d’en découdre de temps en temps, de pouvoir filer, tisser, tendre des choses..”. On aime, au coeur de ce beau collective show, la générosité de cet artiste à l’écoute des palpitements de la vie en cultivant cette manière si particulière d’être présent au monde dans le ”nu de la vie”. Une approche à la lisère des choses reposant sur des situation décalées où les images surviennent et surprennent sans cesse. Et qui fait dire à Joël : “Je suis un peu contre cette idée de comprendre l’art. Je pense qu’il faut juste s’émouvoir de temps en temps…

www.manifesta-lyon.fr

201905_Filatex_Venise_WEB_0025.jpeg

VESSELS

A la galerie Almine RECH au 64, rue de Turenne 75003 Paris /// Jusqu’au 5 octobre 2019 /// exposition : VESSELS

L’opposition ou le conflit entre la manière dont les choses doivent être classées, entre l’art et le design par exemple, est pour moi un discours daté…”explique t-il. Et d’ajouter : “Mon travail consiste à briser l’idée de ce que doit être une sculpture. Je veux dépasser les catégories académiques et les classifications pour libérer le regard de l’art”. Ses recherches sculpturales et conceptuelles autour du corps, de la matière et de la perception se jouent des convenances dans une énergie cinétique saisissante. Perturbant les repères visuels, ses paysages sonores bouleversent notre manière d’appréhender le monde. En effet, la pratique artistique aux inspirations multiples de Tarik Kiswanson (Photo ci-dessous Crédit@CharlotteKrieger) sont comme une polyphonie d’expériences polymorphes et de sensations venues de l’enfance et de réflexions autour du pardon , de premiers amours, de la haine et de la sexualité. Dans une mécanique très précise, ses performances renversent allègrement la frontière entre le théâtre et l’art contemporain. Le visiteur, submergé par la matière, appréciera ici ses oeuvres jouant avec l’espace et le public. Sous une double culture arabe et occidentale, les pièces à l’essence abstraite de Tarik nous parlent de disfraction et d’aliénation sociale mais aussi de questions d’appartenance. On aime cette démarche intuitive recourant à des photographies d’archives et à des formes fantomatiques proches du cocon. A ce sujet, Tarik glisse ceci : “Mes sculptures déconstruisent le spectateur qui les regarde autant qu’elles déconstruisent l’architecture qui les entoure. C’est un peu comme si mon monde personnel transformait le monde extérieur...

www.alminerech.com

IMG_2788_Facetune_28-12-2018-13-03-07.jpeg

PANORAMA 21 - LES REVENANTS

Au FRESNOY - Studio national des arts contemporains au 22, rue du Fresnoy 59200 Tourcoing /// Exposition : PANAORAMA 21 - LES REVENANTS /// Jusqu’au 29 décembre 2019 /// curateur : Jean-Hubert Martin

J’entends plonger le spectateur dans une rêverie divinatoire interrogeant les origines du vivant. Mes oeuvres immersives et mon désir de formes sont abordés de manière subjective et dans une portée symbolique” note-t-il absorbé par ses pensées. Son oeuvre engage la perception du spectateur, sa pensée et son imagination. Elle est à la croisée de ces deux territoires où se mêlent l’origine de la vie et son oubli. S’appuyant sur des enquêtes singulières et récupérant des pistes abandonnées par les scientifiques, sa démarche artistique dessine des instants situés dans de nouvelles ères géologiques et épousant une perspective du temps long. En effet, les travaux de Yan Tomaszewski (Photo ci-dessous Crédit@WilliamBeaucaret) nous parlent régulièrement des corps célestes, d’instruments scientifiques et du fantasme de l’inconnu. Ses sculptures aux formes partiellement humaines mutées et cristallisées - contenant cette idée de recréation mystique rattachée à des molécules primitives, des fragments de corps et une machinerie ultramoderne - révèlent un attrait pour l’art terrestre. Le visiteur appréciera ici - au coeur d’une cinquantaine d’oeuvres fascinantes - les associations de matières de Yan, ses anatomies transparentes et ses distorsions dans un art du contrepoint aussi maîtrisé qu’entêtant. On aime cette pratique marquée par le moteur de la narration et des catalyseurs sémantiques - ouverte sur la video, le dessin et la performance - qui tissent des liens entre des domaines a priori sans rapport immédiat. Au sein desquels un évènement historique dialogue avec une situation hypothétique futuriste ou un fait divers s’étant déroulé dans une architecture moderniste californienne de Richard Neutra !

www.lefresnoy.net

Yan Tomaszewski © William Beaucardet.jpg

SOME OF US, AN OVERVIEW...

Au Centre d’Art Nord’Art, au Vorwerksallee 24782 Büdelsdorf, Allemagne /// Jusqu’au 13 octobre 2019 /// Exposition : SOME OF US, AN OVERVIEW OF THE FRENCH SCENE /// Curateurs : Jérôme Cotinet-Alphaize et Marianne Derrien

Je m’intéresse à la transformation de la matière et aux sciences occultes..” explique-t-elle. Et d’ajouter : “Ce qui est important, pour moi, c’est la notion d’évolution dans mes installation, mes sculptures ou mes peintures sans peinture…” Ses écosystèmes en perpétuelle mutation sont comme des biotopes révèlant une temporalité intrigante et des éclosions de formes inscrites dans une écologie spectrale saisissante. Tourné vers les proto-sciences, son travail développe - dans un mariage de rituels et de pratiques dures - une mécanique sensible liée à l’espace. Il en appelle souvent au sel car celui-ci “purifie, préserve et nettoie”. Liée à l’animisme et à ce “monde des esprits” - comme elle l’appelle - l’approche artistique de Bianca Bondi (Photo ci-dessous Crédit@BlaiseAdilon) nous parle de ces émulsions et de de ces poudres soignantes vendues sur le bord des routes d’Afrique du Sud. L’artiste collecte des informations de manière maniaque et obsessionnelle qu’elle transforme par la suite. Le visiteur appréciera ici, ces oeuvres faites de fragments de poèmes, de cuivre et de latex à l’écoute des vibrations et des coïncidences du monde environnant. Et inscrites dans un long processus de développement où la légèreté n’est jamais absente. On aime cette logique citant Roberto Bolaño mais aussi Carl Jung et son spiritisme contenu que l’on retrouve dans des petits autels ou des dessins à l’énergie brute sous forme d’”Automatic Schémas” rationnels. Face à ses derniers, Bianca nous dit : “Si je devais choisir un super pouvoir ce serait celui de la régénération pour donner vie à des choses organiques”…

www.nordart.de

DSC_0629_DxO.jpg

HOW TO BUILD A LAGOON...

Biennale de Lagos à Lagos island - Nigeria /// Du 26 octobre au 30 novembre 2019 /// Exposition : HOW TO BUILD A LAGOON WITH A BOTTLE OF WINE

L’humain n’est pas un élément central mais une partie d’un écosystème cherchant l’équilibre entre fantômes, pollution et ruines contemporaines” expliquent-ils. Les voyages lointains qu’ils entreprennent aux quatre coins de la planète nourrissent une démarche fondée sur une interaction avec les lieux chargés d’histoire. Leurs oeuvres décrivent des “fictions climatiques” dévoilant leur attention portée aux détails et aux ressources. En s’inspirant du contexte géographique et topographique, ils confrontent environnement et urbanisme. En effet, Marie Ouazzani & Nicolas Carrier (Photo ci-dessous Crédit@DR) recourent aux collages, à la vidéo et à des installations pour défendre des “formes de résistance” qui repensent nos modes de vie. De ce laboratoire artistique, naît une réflexion sur la relation entre la nature et la culture. Le visiteur appréciera au coeur de cette biennale ces images recontextualisées et cette pratique tournée vers une réappropriation des espaces. Mais aussi cette mise en tension des enjeux économiques et écologiques de notre époque. On aime cette mise en lumière par le duo de paysages en mutation, ces périphéries et ces interstices urbains à travers lesquels le changement climatique est envisagé comme un élément concret. Et où est questionné le potentiel spirituel et fantasmagorique des objets culturels.

www.lagos-biennial.org

headshot ouazzani carrier.jpg