L'OREILLE, L'ARBRE ET LE BOXEUR

A la galerie Patricia DORFMANN au 61, rue de la Verrerie 75004 Paris /// Du 12 octobre au 16 novembre 2019 /// Exposition : L’OREILLE, L’ARBRE ET LE BOXEUR

Semblable à un flux continu, son processus créatif est attaché à la forme du tableau mais aussi à la sculpture et il déploie des univers cosmiques et désorbités. Un monde insoupçonné - où les récits fertiles se croisent - se découvre progressivement dans un lent pèlerinage de l’oeil. Il révèle des coïncidences à travers des images mentales évoluant dans des territoires complexes où l’architecture, la nature et le cinéma élaborent des “histoires en volume”. En effet, Delphine Sales Montebello (Photo ci-dessous Crédit@DR) parvient à synthétiser sa relation au non-dit et à l’absence en sondant continuellement la matière. Le visiteur éclairé appréciera ici, au sein de cette exposition construite sous la forme d’un échange et d’un dialogue autour du médium de la sculpture, les sujets intrigants et la part d’anachronismes qui habitent l’oeuvre foisonnante de cette artiste qui invente le concept de la “poésie chantée photographique sous condition”. On aime cette sensibilité révélant l’intensité et l’immédiateté d’une oeuvre portée par un geste vital ne remettant pas en question la puissance irrationnelle de l’instinct !

www.patriciadorfmann.com

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CINÉMATISSE

Au Musée Matisse au 164, avenue des Arènes de Cimiez 06000 Nice /// Du 19 septembre 2019 au 5 janvier 2020 /// Exposition : CINÉMATISSE - DIALOGUES D’UN PEINTRE AVEC LE CINÉMA

Il y a dans ma peinture, un va et vient qui me plait entre distanciation et submersion” explique-telle. Avant d’ajouter ceci : “Lorsque la sensation m’envahit, elle me hante puis doit exister hors de moi.” Ses jeux lumineux d’assemblages qui maltraitent la toile - pour l’affranchir de l’image peinte et en faire surgir la dualité d’un palimpseste - se nourrissent d’un amoncellement d’idées. Son travail, s’affranchissant du cadre, offre une réflexion profonde sur la consommation des choses et des chaires. Intime et cathartique, sa peinture rend compte d’évènements ressentis et ne répond à aucun système. En effet, la démarche artistique de Madeleine Roger-Lacan (Photo ci-dessous Crédit@IsabellaHin) réagit à sa propre vie et renvoie constamment à la question de la narration et de l’image en faisant cohabiter et se heurter la multitude d’éléments présents dans l’atelier. Le visiteur appréciera ici au sein de cette belle exposition collective la peinture figurative de Madeleine possédant cette fronde et cet esprit de révolte que l’artiste cultive au moyen d’un travail de sape et de détournement subtil. On aime la capacité de Madeleine à inister sur la matérialité du support en remettant en question l’acte de peindre lui-même. Et lui faisant dire en guise de conclusion : “Tout ce qui est physiquement présent peut s’exprimer…”.

www.musee-matisse-nice.org

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ISIKHALA

A la galerie Andréhn-Schiptjenko au 10, rue Sainte-Anastase 75003 Paris /// Du 7 septembre au 5 octobre 2019 /// Exposition : ISIKHALA

Je cherche à découvrir cet état binaire, cet espace d’entre-deux que l’on ne peut pas toujours localiser ou exprimer…” confie-t-elle avec un grand sourire. Les concepts du Doppelgänger (traduit comme le sosie ou le double d’une personne vivante) et de la reconnaissance de son double sombre sont au coeur de son oeuvre pluridisciplinaire rapprochant la peinture du médium de la sculpture. De plus, l’exploration du rapport attraction-répulsion s’exprime dans sa démarche tournée vers la question de l’espace. Plus précisément un périmètre vu comme une étendue physique réelle ou une idée plus éphémère de l’espace. Les pièces de cette artiste sud-africaine née en 1982 dans le Swaziland - s’exprimant également par les disciplines de la vidéo, de la performance et de la photographie - mettent souvent l’accent sur le corps de la femme et sur le thème de l’identité. En effet, Nandipha Mntambo (Photo ci-dessous Crédit@DR) explore plusieurs dualités et n’hésite pas à se servir de son propre corps pour mouler des formes qu’elle recherche en questionnant notre capacité à façonner le monde. Le visiteur appréciera ici la façon dont l’artiste parvient à mettre en lumière les puissances qui nous constituent à travers les notions de race, d’identités sexuelles et d’histoire. On aime tout particulièrement dans ce solo show les pièces sur papier utilisant de l’encre et du poil de vache. Célébrant de manière tangible la quête sans relâche de Nandipha d’une simplification de la forme humaine !

www.andrehn-schiptjenko.com

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DAISY

A la galerie de MULTIPLES au 17, rue Saint-Gilles 75003 Paris /// Du 7 septembre au 26 octobre 2019 /// Exposition : DAISY

Toujours titrés, ses tableaux sont des amorces d’histoires s’inspirant de l’imagerie contemporaine que véhiculent aussi bien la publicité, les logos, le cinéma que les photos de vacances. L’artiste initie un face-à-face silencieux dans lequel l’absence d’artifice définit une peinture juxtaposant scènettes navrantes et des personnes souvent désespérés. Son travail extrêmement coloré révèle un artefact de la fiction sans narration. En effet l’oeuvre de Régine Kolle (Photo ci-dessous Crédit@DR) livre une vision grinçante de candeur dans laquelle les portraits de personnages déguinganés aux poses rebelles croisent des expressions boudeuses dans des rapports pas toujours chaleureux. Néanmoins une grâce franche et sympathique émanent des toiles de l’artiste portées par ce flot d’histoires qui peuplent l’existence. Le visiteur appréciera cette peinture qui se joue dans l’instant - comme dans un fil d’animation -avec ses personnages qui semblent nous regarder avec surprise et défiance. Ici les connivences et les complicités s’aiguisent en faisant aller et venir la couleur. On aime ce sentiment de joie de peindre - où tout semble possible - qu’exhale le travail de Régine. Mais aussi cette absence de hiérarchie dans le choix des formats qui réunit et résout - sans inventorier l’héritage historique - une somme de paradoxes irrésolus !

galeriedemultiples.com

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TELLURIS

Au Musée des beaux-arts du LOCLE au 6, Marie-Anne-Calame 2400 Le Locle /// Jusqu’au 13 octobre 2019 /// Exposition : TELLURIS

Dès le début je voulais que le scotch et les lignes de séparation entre les feuilles de papier restent visibles. Un simple collage informatique serait trop lisse, le spectateur ne rentrerait pas dans l’image. Là, il est face à quelque chose qui a existé. C’est ce qui provoque le trouble…” explique-t-elle avec entrain. Ses pièces nous parlent d’architectures utopiques sans notions d’époque ou d’espaces spécifiques et sont axées sur des images photographiques résultant de conceptions volumiques. Elle révèle des territoires isolés à travers un processus de jeux de construction jouant à l’intérieur d’emplacements. Ses sculptures photographiques - créées par imposition dans des paysages naturels - nous placent dans des décors immersifs dans lesquels elle a laissé volontairement des indices. En effet, les obsessions d’assemblages variables de Noémie Goudal (Photo ci-dessous Crédit@DR) induisent - sans recours à la retouche ni un traitement d’image - de longues recherches documentaires. Le visiteur appréciera ici dans ce sublime solo show, cette obstination à apprivoiser le milieu et l’espace scopique en se jouant de toute spéculation. Le regard décèle ces imperfections et ces artifices au coeur d’étendues désertes à la beauté énigmatique. On aime ces atmosphères irréelles à la réalité palpable qui viennent provoquer une forme d’égarement. Un sentiment que Noémie appuie par ces quelques mots : “Il n’y a jamais de personnage dans mes photos car je veux que le spectateur lui-même devienne le protagoniste de l’histoire…

www.mbal.ch

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PERSISTENT IMAGE

A la galerie MOR CHARPENTIER au 61, rue de Bretagne 75003 Paris /// Du 7 septembre au 5 octobre 2019 /// Exposition : PERSISTENT IMAGE

Son travail nous parle des “résidus de mémoire” et de ce lien complexe entre l’histoire et l’image photographique à travers les chamboulements technologiques depuis les premiers procédés photographiques jusqu’à la disparition de l’appareil analogique. Elle revient sur l’histoire de la photographie et la représentation de la mémoire dans un discours critique et politique appelant à une compréhension de notre temps. En effet, la démarche artistique de Rosângela Rennó (Photo ci-dessous Crédit@DR) se présente sous la forme d’une métaphore de la dérive institutionnelle et sociale que traverse actuellement le Brésil. Le visiteur appréciera ici ces images vidées de leur sens premier et traitant de cet épuisement sémantique placé sous le spectre du marketing, de l’autopromotion et de la législation. L’artiste met sa vie privée en première ligne pour créer une oeuvre multiple - avec pour outil la mémoire comme catharsis collective - portée sur une investigation de la vie sociale. On aime cette intertextualité et ce pouvoir des images activé par le texte via des visionneuses télescopiques. Ainsi que cette collecte par Rosângela de clichés et d’objets éclairant des faits souvent plongés dans l’oubli. Dont elle refuse la disparition.

www.mor-charpentier.com

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LE RÊVEUR DE LA FORÊT

Au Musée ZADKINE au 100 bis, rue d’Assas 75006 Paris /// Du 27 septembre 2019 au 23 février 2020 /// Exposition : LE RÊVEUR DE LA FORÊT

J’ai beaucoup regardé les jardins de la Renaissance maniériste…” nous confie-t-elle. Passage entre des mondes intérieurs mystérieux et des espaces architecturaux variés, ses oeuvres se jouent de la matérialité, de la représentation et de l’illusion. Ses tableaux et sculptures révèlent le temps géologique de la sédimentation et des projections narratives à fleur de roche. La ruine qu’elle dévoile à travers des strates - juxtaposées et poncées - s’empare du carton sculpté pour nous plonger dans des voyages initiatiques. En effet, la démarche artistique d’Eva Jospin (Photo ci-dessous Crédit@RaphaëlLugassy) se présente comme une mise en abyme à la lisère entre rêverie et réalisme sous la forme du fantasme d’une nature rêvée. Le visiteur appréciera ici, au sein de cette grande exposition collective, le déploiement de l’imaginaire de cette plasticienne qui taille et cisèle les futaies dans d’ensorcelantes forêts et armées de végétaux. On aime ces bas-reliefs, ces panoramas et ces perspectives propices à la création d’installations nous projetant au loin dans la vie cachée des choses. En nous enveloppant, ses paysages mentaux nous invitent à promener notre oeil dans des entrelacs de lianes en chanvre par l’intermédiaire des hautes cimes de ses forêts qui lui font dire ceci : “ Mes forêts reflètent des préoccupations humaines : l’idée de se perdre ou de se retrouver, notre rapport à l’enfance, aux peurs archaïques” On ne peut s’empêcher alors de penser à Macbeth, seul, au coeur de la forêt de Birnam…

www.zadkine.paris.fr

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IL EST PLUS BEAU D'ÉCLAIRER...

Au Collège des Bernardins au 20, rue de Poissy 75005 Paris /// Du 9 octobre au 14 décembre 2019 /// Exposition : IL EST PLUS BEAU D’ÉCLAIRER QUE DE BRILLER SEULEMENT

L’idée qui accompagne toute mes productions est celle de donner une aura aux métiers de la main et à l’artisanat. Je cherche à créer un pont entre l’art et l’artisanat...” confie-t-il instinctivement. Il mixe l’Histoire de l’Art avec les références les plus immédiates de notre accession populaire à celle-ci. Son approche plastique mobilise l’art de plaire et de déplaire dans un amusement sincère. En effet, Cyril Zarcone (Photo ci-dessous Crédit@Pas2Signal) s’inspire souvent des formes issues des outils de chantiers et d’éléments de constructions en révoquant l’utilité de l’objet. Le visiteur appréciera ici - dans cette exposition collective à la déambulation inspirante - cette pratique rigoureuse qui redonne au volume la beauté de sa fonction dénudée de sa fonction première. En explorant - au coeur d’une ancienne sacristie - ce lien ancestral du maître à l’élève autour du thème de la transmission. L’artiste illustre cette notion fascinante en questionnant son étymologie. On aime ces travaux, portés par des alliances de styles, qui nous renvoient à cette singularité et à cette quête très personnelle répondant à l’apprentissage d’une technique. Entendue comme un passage aux allures de grande traversée !

www.collegedesbernardins.fr

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BELS ANIMAL

Festival FEŸ#2 sur la route du Château du Fey 89300 Villecien /// Du 20 au 22 Septembre 2019 /// Exposition : BELS ANIMAL

Son oeuvre s’appuie sur un déploiement du récit - dans lequel le corps apparaît distendu dans des narrations d’ordre mythologiques - qu’il a appris à maitriser en s’intéressant très tôt aux univers de la mode, du cinéma et du graphisme. Et la veine initiatique qu’il tisse fait écho à des réflexions traduisant ses sentiments d’homme en devenir convaincu de l’importance d’une création artistique au service d’une mémoire collective. Les indices qu’il a semés ou plutôt égrenés, ici, au sein d’une forêt séculaire, sous la forme d’une véritable chasse au trésor, dévoilent une oeuvre interactive conçue sur le principe d’une quête grisante. Cette dernière vient interroger, sur le registre de l’installation, nos modes de production ainsi que notre rapport à l’environnement. En effet, la démarche d’Alexandre Silberstein (Photo ci-dessous Crédit@DR) joue sur une multiplicité de champs narratifs portant sur le corps altéré ou métamorphosé par les nouvelles technologies. Le visiteur appréciera ici - au coeur de cette étonnante exposition collective outdoor réunissant des plasticiens de la scène émergente européenne - les saisissantes constructions pliables et modifiables en papier recyclé d’Alexandre. On aime cette réflexion, en plusieurs actes, rondement menée sur notre rapport à l’objet et à sa “consommation”. Et qui questionne avec intelligence et audace sa signification prise face à l’espace.

www.fey-arts.com

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SPACED IN LOST II

A la galerie CHARRAUDEAU au 4, rue Bonaparte 75006 Paris /// Du 12 septembre au 3 octobre 2019 /// Exposition : SPACED IN LOST II

J’essaye de construire mes sujets dans une durée particulière” explique-t-il. A la fois construction par le regard et action de la main sur l’image, son approche plastique mêle la photographie et la sculpture. Son oeuvre puissante parvient à représenter, avec l’image fixe, le temps et son ineffable multiplicité. Se logeant au centre de l’objet, la part figurative invisible ne diffuse que les couleurs. Tandis que entités abstraites, elles, se retrouvent aux extrémités et se laissent appréhender. En effet, le processus artistique de Paul Créange (Photo ci-dessous Crédit@ElliottCausse) nous parle de transformation et de déplacement en s’appuyant sur le hors-champ. Le visiteur appréciera ici - au sein de ce beau group show - ce cheminement d’un espace intérieur vers un espace extérieur qu’offre l’artiste au regard dans une gestuelle laissant apparaître les étapes de montage, de découpe et d’assemblage. On aime la pratique de Paul qui restitue les idées conduisant à la destinée de pièces sculpturales jouant sur les différents points névralgiques d’un discours mettant en réseau les significations. Et induisant une adéquation entre les enjeux plastiques et théoriques !

www.charraudeau.com

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PAYSAGES ETHNOGRAPHIQUES

A la galerie Olivier WALTMAN au 74, rue Mazarine 75006 Paris /// Jusqu’au 21 septembre 2019 /// Exposition : PAYSAGES ETHNOGRAPHIQUES

Explorant les multiples facettes et les paradoxes qui sous-tendent la ville, sa démarche photographique se présente sous la forme d’un kaléidoscope très personnel. Travaillant sur les représentations de la société urbaine contemporaine, Jean-Pierre Attal (Photo ci-dessous Crédit@DR) donne vie à des scènes cosmopolites qui se superposent en nous confrontant à l’intimité anonyme captée dans l’expérience du quotidien. Le visiteur appréciera ici ces foules - déracinées d’un labyrinthe moderne d’architecture - devenant des individus errants. A la manière d’une enquête sociologique intense, relevant des dichotomies sans bavardage, son travail célèbre des silhouettes inventives demeurant émotionnellement dans des mondes éloignés. Et qui vivent sous nos yeux l’expérience unique d’un monde vaste et magnifique. On aime ces “déserts cosmiques” troubles conçus comme des transitions à mi-chemin entre plaisir et loisir. Au sein desquels chaque espace est établi par la projection du but de chacun. En créant des frontières invisibles rapprochant physiquement les Hommes les uns des autres.

www.galeriewaltman.com

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RÉMANENCES

A La GRAINETERIE - Pôle Culturel et Centre d’Art - au 27, rue Gabriel-Péri 78800 Houilles /// Du 21 septembre au 9 novembre 2019 /// Exposition : RÉMANENCES

Ce n’est pas simplement de la forme de la machine qu’il s’empare, mais plutôt de l’idée qui la sous-tend et au-delà, de l’intelligence qui a permis sa conception. Sa démarche plastique met en relation l’objet industriel avec l’objet artisanal et prend pour enjeu l’isolement de la forme. En procédant à des déplacements matériels et techniques habiles, il évacue brillamment la fonction initiale des objets. Produisant un décalage entre le mode de réalisation des images, l’oeuvre de Maxime Thoreau (Photo ci-dessous Crédit@Villed’Amboise) met en lumière l’essence formelle de pièces en s’éloignant de la fonction première. Le visiteur apprécia - au sein de cette exposition collective réjouissante - l’approche de Maxime pour qui les influences esthétiques proviennent moins de l’histoire des formes de la sculpture que de celle d’une architecture brutaliste. On aime cet éloge sincère de la beauté machinale venue de formes globales et structurantes de l’esthétique moderniste célébrant l’apparence familière de l’outil. Et interpellant notre société tiraillée entre la nostalgie du passé et un avenir anxieux animé par des nouvelles technologies surpuissantes !

www.lagraineterie.ville-houilles.fr

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IL CORPO D'ARIA

A la galerie Alberta PANE au 47, rue de Montmorency 75003 Paris /// Jusqu’au 5 octobre 2019 /// Exposition : IL CORPO D’ARIA

Son oeuvre fait référence à la façon dont la science refuse la naissance de nouveaux paradigmes. La dialectique atavique dans les domaines philosophiques, religieux et ontologiques - évoquant la relation complexe entre le corps et l’âme - se développe avec précision au sein de sa démarche artistique prolifique. En effet Christian Fogarolli (Photo ci-dessous Crédit@DR) présente une vision critique du corps facétieux et tente de renverser la valeur inconditionnelle du progrès dans la révolution scientifique en analysant comment la biochimie et la génétique considèrent le corps et l’âme comme une seule entité. Le visiteur appréciera ici - au coeur de cette exposition immanquable parisienne - ce sujet questionnant ce dualisme qui s’impose dans la tradition occidentale depuis le début de l’histoire de la philosophie. L’artiste confronte son public également à ce matérialisme qui ramène l’âme au cerveau et à ses fonctions, jetant ainsi les bases d’une étude scientifique de l’homme. On aime cette recherche approfondie qui dévoile une vision contemporaine de la maladie, de la déviance et des approches thérapeutiques. Faisant écho à l’oeuvre critique d’un certain Descartes et nous renvoyant à la lecture attentive d’ “Esquisse d’une théorie des émotions” de Jean-Paul Sartre !

www.albertapane.com

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OUTPUT

A la galerie CHARLOT à Kikar Kedumim 14 Tel Aviv/Yafo -Israël /// Jusqu’au 28 septembre 2019 /// Exposition : OUTPUT

Ses oeuvres interactives - résultat de l’adaptation à des données contextuelles - suggèrent différentes réflexions sur les tentatives de l’Homme pour dompter la Nature. Elles explorent et mettent en relation les domaines de l’information, des logiciels, de l’électronique et de la mécanique dans une logique reliant le monde physique à des mondes virtuels. Les sujets fascinants que l’artiste soulève touchent à l’aliénation, l’identité et à la mémoire. En effet, les champs de recherche de Liat Segal (Photo ci-dessous Crédit@ShachafDekel) se manifestent dans des installations interrogeant la vie privée et l’intimité à travers le prisme de la surexposition. Le visiteur appréciera ici - à n’en pas douter - cette démarche tournée vers la quête éternelle des individus à vouloir contrôler les éléments et les effets des flux d’informations que l’on ingère sur nos comportements. L’artiste se penche avec brio sur les différentes manières de consommer et d’analyser les informations. On aime ici la manière dont Liat observe - comme une laborantine - les incohérences et les dissonances qui surgissent lorsque la vie personnelle rencontre des environnements en évolution technologique. En pointant du doigt cette zone d’influence nébuleuse et d’implémentation dans laquelle s’opère la perte de contrôle !

www.galeriecharlot.com

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LE FIL D'ALERTE

A la Fondation d’Entreprise RICARD au 12, rue Boissy d’Anglas 75008 Paris /// Du 10 septembre au 26 octobre 2019 /// Exposition : LE FIL D’ALERTE

Je m’intéresse au lien entre le cosmique et le domestique. Cette cosmologie de la création interroge l’identité et la mémoire, les études post-coloniales et féministes, avec le corps comme langage…” détaille-t-il. Les régimes de pensée et les politiques étouffent son approche plastique se penchant sur le potentiel du corps. Ses oeuvres nous parlent d’une plasticité post-industrielle et d’un “nous” parcellaire examinant comment se constituent la mémoire et l’identité. Les impressions textuelles qui habitent le corpus participatif de ses projets nous obligent à prendre conscience d’un espace. En effet, les installations et les performances ouvertes et modulables de Paul Maheke (Photo ci-dessous Crédit@DR) célèbrent l’apparition et l’altérité à travers le corps conçu comme une “archive cognitive à décrypter ” tendant de s’abstraire des concepts de race, de genre et de classe. Le visiteur appréciera ici - au sein de cette riche exposition et lieu d’émergence de toute une génération d’artistes à suivre - cette approche de Paul s’échappant des représentations universelles. On aime la portée expressive de ce travail qui nous fait naviguer dans différentes dimensions temporelles et géographiques et qui permet d’évoluer dans des positions périphériques non inscrites dans le langage dominant. Nous invitant - dixit Paul - “d’essayer de comprendre et d’exprimer qu’après avoir déjà éprouvé… "

www.fondation-entreprise-ricard.com

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DEPICTION OF NATURE AND SOCIETY

A la galerie ITALIENNE au 15, rue du Louvre 75001 Paris /// Du 12 septembre au 2 octobre 2019 /// Exposition : DEPICTION OF NATURE AND SOCIETY

Ses recherches remettent en cause le concept de “répétition”. Il interroge ce phénomène caractéristique de notre société sur sa valeur ontologique et sa relation avec les dynamiques contemporaines. Réflexion sur l’état actuel de l’art contemporain, son approche plastique est souvent liée à l’appropriation de l’objet quotidien. En effet, le processus créatif de Luca Resta (Photo ci-dessous Crédit@DR) met en scène le corpus formel de projets sous forme de récits considérés comme “probables”. Le visiteur appréciera ici cette exposition conçue en palimpseste dont les traces d’existence sont des photos partagées sur les réseaux sociaux. Cette réflexion baptisée “Perfect Unknowable” s’appuie sur une visée à la fois conceptuelle et esthétique. Cette dernière se prolonge dans sa logique au sein d’une seconde partie intitulée “Reality Slash” : un regroupement d’oeuvres à travers une pluralité de narrations. On aime cette approche plastique cérébrale marquée par un amour de la littérature qui fait écho autant aux textes d’Italo Calvino qu’à ceux de Kugane Maruyama. Construite sous la forme d’un dialogue fertile questionnant les rapports réciproques de l’image à l’objet. Et s’incarnant notamment, avec une certaine dérision, dans des impressions sur marbre de captures d’écran des publications Instagram de Luca !

www.galerieitalienne.com

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VISAGES DU SACRÉ

A la galerie Eric Hertault au 6, rue Visconti 75006 Paris /// Du 10 septembre au 30 octobre 2019 /// Exposition : VISAGES DU SACRÉ

J’aime cette idée que tout est là et que je n’ai pas beaucoup de décisions à prendre si ce n’est de laisser aller les choses par rapport à une pensée…” lâche-t-il nonchalamment et rêveur face à l’une de ses plus belles toiles baptisée en 2017 “La nuit immense et noire aux déchirures blondes”. Son oeuvre embrasse le monde en redécouvrant la forme par la matière pour laisser cette trace pure sur les pores de sa toile. Sa pratique artistique arpente la surface capricieuse dans d’assourdissants silences croisant la lumière et les ombres. En effet, Quentin Derouet (Photo ci-dessous Crédit@DR) communie avec la langue de Georges Bataille en mêlant parfois des vers parfaitement archaïques à une gestuelle étonnamment lyrique. Le visiteur appréciera ici cette virtuosité du pinceau qui fixe ses desseins sur un nuancier complexe où des pulsions de vie flirtent avec un Eros confronté au symbolisme de la couleur. Les oeuvres de Quentin croisent - au sein de cette exposition incontournable - le dialecte des Arts Premiers dans une union sans aucune faute note. On aime cette oeuvre profonde nous évoquant par moments - et sans savoir réellement pourquoi - la lointaine région de Bugarach source de multiples récits et légendes. Nous parlant d’un certain rapport au monde. Et que l’on aimerait associer à une négation du fatalisme face à un spectacle hypnotisant de la nature !

www.eric-hertault.com

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WHAT CAN I DO WITH…

A la galerie Frank ELBAZ au 66, rue de Turenne 75003 Paris /// Du 7 septembre au 12 octobre 2019 /// Exposition : WHAT CAN I DO WITH CHILDREN AND THE SUN

Capturant les infimes mouvements du soleil sur papier photosensible, ses travaux pluriels illustrent avec acuité une approche métacognitive aussi puissante que fascinante. A l’écoute des vibrations sonores, ses familles de pièces composées de pierre et de sable, remettent en question de manière formelle leur propre esthétique. Elles explorent dans un même temps de façon sensible la relation vibrante entre la vie sur terre et l’univers. En effet, l’approche rigoureuse plastique de Shinoda Taro (Photo ci-dessous Crédit@LucasChauveheid) se présente comme une riche plateforme d’observation au sein de laquelle, l’artiste déploie une vision à 360° embrassant un véritable penchant pour l’art cinétique assujetti à une sensibilité venue du monde du paysagisme et soutenu par la pensée diffuse d’un certain Richard Buckminster Fuller. Le visiteur appréciera ici - au sein de cette première exposition personnelle à Paris - une grande variété de média tournés vers l’exploration attentive du territoire irréductible de la nature. On aime particulièrement cette splendide série capturant les mouvements du soleil sur papier photosensible grâce à un procédé proche du cyanotype. Nous révélant la curiosité illimitée de cet artiste japonais portée autant sur la pratique passionnante de la physique que celle de l’astronomie. Mais aussi sur les mystères infinis de la planète entrant dans la qualification oecuméniste de “vaisseau spatial Terre” !

www.galeriefranckelbaz.com

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MALALA ANDRIALAVIDRAZANA

A la Cité de l’Economie et de la Monnaie (Citéo) - Musée de la Banque de France au 1, place du Général Catroux 75017 Paris /// Du 22 octobre au 10 novembre 2019 /// Exposition : MALALA ANDRIALAVIDRAZANA

Je suis fière de mon héritage Malgache où la place des femmes et les connections à d’autres cultures sont considérables. Mes racines font partie de ma façon de penser…” confie t-elle avant de poursuivre :”Les contradictions évoluent au fur et à mesure que les traditions évoluent avec la mondialisation”. Ses photographies sondent les liens entre histoire personnelle et identité culturelle soulignant le contraste entre la perception du monde par l’Occident et par les pays du Sud. Elles explorent les possibilités du collage photographique pour interroger l’héritage visuel de l’époque coloniale et son impact sur notre perception du monde. En effet, l’approche artistique de Malala Andrialavidrazana (Photo ci-dessous Crédit@DR) aborde les sujets de l’altérité et du métissage culturel en redessinant les cartes et en interrogeant les réverbérations mondiales de la culture Africaine. Le visiteur appréciera ici cette grammaire superposant des fragments d’images issus de différentes époques et où chaque photomontage s’appuie sur des timbres, des cartes précoloniales, des billets de banque, des pochettes d’albums…On aime cette approche tournée vers les effigies offrant une nouvelle forme de circulation en surpassant les peurs et les stéréotypes. Sous ces mots de Malala : “Les rituels changent en fonction de la géographie et des influences. Et même si je cherche à transcender les clichés, mes projets émergent à partir de territoires qui se distinguent d’une façon ou d’une autre.“

www.citeco.fr

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THE TRAVELLING SALESMAN PROBLEM

A la galerie Jocelyn WOLFF au 78, rue Julien Lacroix 75020 Paris /// Du 6 septembre au 12 octobre 2019 /// Exposition : THE TRAVELLING SALESMAN PROBLEM

Ses interventions sculpturales se situent entre lui et ce qui l’entoure. Son oeuvre porte en elle ces questions philosophiques fondamentales d’un monde intérieur et extérieur ainsi qu’aux origines de leur composants individuels. Et pour lui le lieu d’exposition est un moyen par lequel il est possible d’accéder à une autre réalité. En effet, la démarche artistique d’Hans Schabus (Photo ci-desous Crédit@MichaelRausch-SchottBelverdereVienna2012) questionne le “moi” de l’artiste dans des pérégrinations imaginaires transgressant l’interdit. Le visiteur appréciera ici ces moments de passage et de bascule - faits de gestes presque invisibles - réunissant le potentiel du lieu et l’espace mental de l’artiste. Soumis à un redimensionnement physique, l’espace selon Hans contient en lui le thème récurrent des voyages fictifs de l’artiste autour du monde. Son projet à l’action performative, jalonné d’objets significatifs se compose ici de douze avatars existentiels renvoyant à la matrice de l’atelier : cet “entre-deux” dans lequel les choses changent en permanence. On aime ce projet - traité sous forme mathématique - nous plaçant entre l’image et l’expérience dans le rôle d’observateur des “facettes mensuelles du moi” de l’artiste. Tout en nous donnant comme unique clé de lecture la vision et son mythe d’un espace contraignant ou sans limite, détruit ou déformé !

www.galeriewolff.com

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